< Page d'accueil

La gestion des infections urinaires

Comprendre les infections urinaires pour les traiter efficacement : il est essentiel d’avoir une approche holistique du traitement et de la prévention des infections urinaires.

L’autosondage intermittent permet d’assurer une vidange complète de la vessie, à basse pression, pour prévenir les infections urinaires et réduire les complications vésico-rénales liées aux dysfonctionnements de la vessie et des sphincters. Des impératifs particuliers accompagnent cette technique. Il est important que vos patients s’y conforment.

 

LA TECHNIQUE DU SONDAGE INTERMITTENT

• Une technique propre. Une bonne hygiène suffit. Les antiseptiques sont à proscrire,
• Un rythme de 4 à 6 sondages/jour pour chasser les bactéries avec les urines avant qu’elles ne pénètrent dans la paroi vésicale,
• Maintenir une diurèse suffisante entre 1,5 et 2L/jour des apports hydriques réguliers,
• Le volume d’urine à chaque sondage doit être < 400ml pour éviter la sur-distension vésicale avec des lésions parfois irréversibles qui favorisent les infections,
• La régularité des sondages est primordiale pour réduire le risque d’infection, tout particulièrement pour les patients dont l’auto-sondage est le mode mictionnel exclusif.

 

INFECTIONS URINAIRES et AUTOSONDAGE

La présence de bactéries dans la vessie est très fréquente dans ce contexte (> 75% des patients). Ainsi, un ECBU fait chez un patient réalisant des autosondages sera souvent positif. Aussi, en l’absence de symptômes évocateurs d’une infection, il n’y a pas lieu de réaliser un ECBU ni de proposer une antibiothérapie.

Recommandations SPILF-AFU* 2014, actualisées en 2017 :
Il n’est pas recommandé de faire des ECBU systématiques chez les patients sous autosondage, au risque de traiter une simple bactériurie sans aucun bénéfice, ce qui majore le risque de résistance des germes aux antibiotiques usuels,
La recherche de principe de ces germes (un ECBU) n’est pas nécessaire du fait de l’absence de retentissement clinique de la bactériurie,
Seules les infections urinaires accompagnées de manifestations cliniques - dites infections urinaires symptomatiques - justifient habituellement un traitement.

 

LE DIAGNOSTIC D’INFECTION URINAIRE est porté devant l’association de :

  • Symptômes évocateurs d’une infection urinaire :

- Aggravation brutale ou apparition de symptômes urinaires (pollakiurie, fuites, impériosité, dysurie),
- Brûlures aux sondages ou douleur pelvienne ou lombaire,
- Hématurie sans autre cause apparente,
- Urines purulentes, uniquement si cela persiste après 72 heures d’augmentation des apports hydriques,
- Majoration de la spasticité ou de l’hyperréflexie autonome chez les patients neurologiques,
- Fièvre sans autre cause identifiée.

  • ET un ECBU positif : présence de bactéries et de leucocytes

Le diagnostic d’infection urinaire est souvent surestimé. En particulier, la seule présence d’urines épaisses, colorées ou malodorantes justifie simplement l’augmentation des apports hydriques et des sondages, plutôt qu’un traitement antibiotique d’emblée.

 

CONDUITE À TENIR devant la présence de symptômes évocateurs d’une infection urinaire :

  • En l’absence de fièvre :

- Augmenter la boisson et le nombre de sondages si diurèse < 1,5L/jour,
- Réaliser un ECBU,
- Si ECBU positif : traitementt antibiotique toujours adapté à l’antibiogramme, de durée courte : 7 jours chez la femme, 14 à 21 jours chez l’homme,
- Pas de traitement antibiotique « minute ».

  • En cas de fièvre ≥ 38°5 C :

- Traitement antibiotique : adapté à l’ECBU. Durée : 10 à 15 jours en cas de pyélonéphrite chez la femme selon l’évolution clinique, 14 à 21 jours chez l’homme selon l’antibiotique utilisé,
- C’est une urgence : explorations biologiques et imagerie pour éliminer une cause nécessitant un traitement urologique en urgence (lithiase, abcès).

  • En cas d’infections urinaires récidivantes

- Plus de 3 épisodes/an : il est nécessaire d’en rechercher la cause,
- Se référer à un centre spécialisé pour un bilan étiologique.

Pour rappel - Les facteurs de risque d’infection urinaire :

  • La distension vésicale
  • Les calculs des voies urinaires
  • Un reflux vésico-urétéral
  • Des hautes pressions intra-vésicales
  • Une diurèse trop faible, manque d’hydratation
  • Et bien sûr, le non-respect des règles associées au sondage intermittent
Références
  • Guide méthodologique SOFMER : Education thérapeutique du patient aux autosondages intermittents. Oct. 2009.
  • Recommandations SPILF-AFU 2014, actualisées en 2017 : Diagnostic et antibiothérapie des infections urinaires bactériennes communautaires de l’adulte.
  • Intérêt de l’autosondage en cas de rétention urinaire. Prog en Urol 2008 ; 18(3) : 29-34.
  • Qui traiter, quand traiter, comment traiter chez les patients ayant une vessie neurologique ? Médecine et Maladie Infectieuse, 2003 ; 33(9) : 488-497. une étude de suivi à long terme. Moelle épinière. 2013; 51: 645-9.

*SPILF : Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française. AFU : Association Française d'Urologie.

Le rôle des infirmier(e)s dans la prise en charge des infections urinaires

L'infirmière est souvent le premier point de contact lorsque les patients atteints de vessie neurologique présentent les symptômes d’une infection urinaire. L'évaluation du patient et par conséquent la recommandation d'un traitement approprié vous confère une grande responsabilité. Le Professeur Pierre Denys, spécialiste en Médecine Physique et Réadaptation à l’Hôpital R. Poincaré à Garches, nous présente ses recommandations en matière de gestion des infections. Des conseils qui peuvent être utiles pour votre pratique quotidienne.

Outils pour vos patients :

Téléchargez le PDF

Livret "Comprendre les infections urinaires"

Téléchargez la fiche

6 règles pour prévenir les infections urinaires

Preuves scientifiques

Téléchargez l’étude (EN)

Modèle de facteurs de risques pour les infections des voies urinaires

Cette étude porte sur les troubles vésico-sphinctériens neurologiques et le sondage intermittent chez des patients adultes.