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Solutions de prise en charge de la rétention urinaire chronique

 

Si le traitement de la cause de la rétention urinaire chronique est impossible, lautosondage est, selon plusieurs recommandations1, le moyen le plus sûr pour assurer le drainage des urines comparativement aux autres techniques que sont :

- les hétérosondages,

- les percussions sus-pubiennes et autres mictions réflexes,

- le cathéter sus-pubien,

- le sondage à demeure.

 

Intérêt du sondage urinaire intermittent

Le sondage urinaire intermittent a permis au fil des années un gain considérable en termes de survie :

- taux de décès pour cause urinaire :

  • 43% dans les années 1940-1950 (sondage à demeure)
  • 10% dans les années 1980-1990 (sondage intermittent propre)

- la rétention urinaire reste aujourd'hui la 2ème cause de morbidité des patients blessés médullaires2,3. Elle doit être impérativement traitée pour augmenter les chances de survie de ces patients neurologiques.

→ Le sondage urinaire intermittent est le traitement de 1ère intention des vessies rétentionnistes quelle qu’en soit l’étiologie : pathologies neurologiques, obstacle organique, post-chirurgicale ou pharmacologique4.

 

Indications du sondage urinaire intermittent

> Pathologies neurologiques :

  • Blessés médullaires : à la phase aiguë, dès J3 - la sonde à demeure doit être bannie
  • Sclérose en plaques
  • Parkinson
  • Spina bifida
  • Syndrome de la queue cheval (tumeur, hernie discale, fracture…)
  • Neuropathie (diabète compliqué)

> Cause uro-gynécologique :

  • Post-partum/post chirurgie pelvienne notamment si vessie claquée (par étirement du nerf pudendal)

> Injections de toxine botulique intra-détrusoriennes (alternative aux traitements per os de l’hyperactivité vésicale)

 

La technique du sondage urinaire intermittent4

  • Une technique propre. Une bonne hygiène suffit. Les antiseptiques sont à proscrire,
  • Un rythme de 4 à 6 sondages/jour pour chasser les bactéries avec les urines avant qu’elles ne pénètrent dans la paroi vésicale,
  • Maintenir une diurèse suffisante entre 1,5 et 2L/jour des apports hydriques réguliers,
  • Le volume d’urine à chaque sondage doit être < 400ml pour éviter la sur-distension vésicale avec des lésions parfois irréversibles qui favorisent les infections,
  • La régularité des sondages est primordiale pour réduire le risque d’infection, tout particulièrement pour les patients dont l’auto-sondage est le mode mictionnel exclusif.
Références
  1. Recommandations : EAU 2011 - Guidelines on urinary incontinence, ICI 2009, SOFMER (ETP-AS) - Octobre 2009, ANAES - Novembre 2002.
  2. J.J. Labat, B.Perrouin-Verbe. Evolution et suivi des troubles vésico-sphinctériens du blessé médullaire. Troubles vésico-spintériens actualités 2002, Springer.
  3. Frankel HL, Coll JR, Charlifue SW et al. Long term survival in spinal cord injury: a fifty year investigation. Spinal Cord 1998; 36: 266-74.
  4. Gamé X. Intermittent catheterization: Clinical practice guidelines from Association Française d'Urologie (AFU), Groupe de Neuro-urologie de Langue Française (GENULF), Société Française de Médecine Physique et de Réadaptation (SOFMER) and Société Interdisciplinaire Francophone d'UroDynamique et de Pelvi-Périnéologie (SIFUD-PP). Prog Urol. 2020 Apr;30(5):232-251.